L'archeologie egyptienne Chap 5.3 - ChtilandWiki

L'archeologie egyptienne Chap 5.3

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Egypte - L'archeologie egyptienne


Chapitre 5 : LES ARTS INDUSTRIELS

1. La pierre, la terre et le verre
2. Le bois, l'ivoire, le cuir et les matières textiles
3. Les métaux

On partageait les métaux en deux groupes, séparés par la mention de quelques espèces de pierres précieuses, comme le lapis-lazuli et la malachite: celui des métaux nobles, l'or, l'électrum, l'argent; celui des métaux vils, le cuivre, le fer, le plomb, auquel on joignit plus tard l'étain.

Le fer était réservé aux armes et aux outils de fatigue, ciseaux de sculpteur et de maçon, tranchants de hache ou d'herminette, lames de couteaux ou de scies. Le plomb ne servait guère. On en incrustait parfois les battants de portes des temples, des coffrets, des meubles, et on en fabriquait de petites statues de divinités, surtout des Osiris ou des Anubis. Le cuivre pur était trop mou pour résister à l'usage courant: le bronze était le métal favori des Égyptiens. Il n'est pas vrai qu'ils aient réussi, comme on l'a dit souvent, à lui procurer par la trempe la dureté du fer ou de l'acier, mais ils ont su en obtenir des qualités très différentes, en variant les éléments et les proportions de l'alliage. La plupart des objets examinés jusqu'à présent ont donné les quantités de cuivre et d'étain employées aujourd'hui encore à la fabrication du bronze commun. Ceux que Vauquelin étudia, en 1825, renfermaient 84 pour 100 de cuivre, 14 d'étain, 1 de fer et d'autres matières. Un ciseau, rapporté d'Égypte par Wilkinson, ne contenait que 5,9 pour 100 d'étain, 0,1 de fer et 94 de cuivre. Des débris de statuettes et de miroirs, analysés plus récemment, ont rendu une quantité notable d'or ou d'argent, et correspondent aux airains de Corinthe. D'autres ont la teinte et la composition du laiton. Beaucoup des plus soignés résistent d'une manière étonnante à l'humidité, et s'oxydent très difficilement; on les frottait encore chauds d'un vernis résineux, qui en remplissait les pores et laissait à la surface une patine inaltérable. Chaque espèce avait son emploi: le bronze ordinaire pour les armes et pour les amulettes communs, les alliages analogues au laiton pour les ustensiles de ménage, les bronzes d'or et d'argent pour les miroirs, les armes de prix, les statuettes de luxe. Aucun des tableaux que j'ai vus dans les tombes ne représente la fonte et le travail du bronze, mais l'examen des objets eux-mêmes supplée à ce défaut des monuments figurés. Les outils, les armes, les anneaux, les vases à bon marché étaient partie forgés, partie coulés d'un seul coup dans des moules en terre réfractaire ou en pierre. Tout ce qui était oeuvre d'art était coulé en un ou plusieurs morceaux, selon les cas, puis les pièces ajustées, soudées et retouchées au burin. Le procédé le plus fréquemment employé était celui de la fonte au carton: un noyau de sable ou de terre mêlée de charbon pilé était introduit dans le moule, et le modelé du dehors se répétait grossièrement au dedans. La couche de métal était souvent si mince qu'elle

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aurait cédé à une pression un peu forte si on n'avait pris la précaution de la consolider en laissant le noyau en place pour lui servir de soutien.

La plupart des ustensiles domestiques et des petits instruments du ménage étaient en bronze. On les rencontre par milliers en original dans nos musées, en figure sur les peintures et les bas-reliefs. L'art et le métier n'étaient pas incompatibles en Égypte, et le chaudronnier lui-même s'efforçait de prêter à ses oeuvres les plus humbles une forme élégante et des ornements de bon goût. La marmite où le cuisinier de Ramsès III composait ses chefs-d'oeuvre est supportée par des pieds  de &nbsp lion.   Telle  bouilloire  semble  ne &nbsp différer  en  rien  de 

la

bouilloire moderne (Fig.267), mais examinez-la de près: l'anse est une fleur de papyrus épanouie, dont les pétales, inclinés sur la tige, s'appuient au rebord du goulot (Fig.268). Le manche des couteaux ou des cuillers est presque toujours un cou de canard ou d'oie recourbé; le bol est parfois un animal, une gazelle liée comme les bêtes offertes en sacrifice (Fig.269). Un petit chacal est accroupi sur la poignée d'un sabre. Une paire de ciseaux du musée de Boulaq a, pour branche principale, un captif asiatique, les bras liés derrière le dos. Tel miroir est une feuille de lotus découpée: la queue sert de manche. Telle boîte à parfums est un poisson, telle autre un oiseau, telle autre un dieu grotesque. Les vases à eau lustrale, que les prêtres et les prêtresses portaient à la main pour asperger les fidèles ou le terrain sur lequel  défilaient les processions,   méritent une place

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particulière dans l'estime des connaisseurs. Ils sont pointus ou ovoïdes par le bout, et décorés de tableaux au trait ou en relief. Tantôt ce sont des images de dieux, chacune dans un cadre; tantôt c'est une scène d'adoration. Le travail en est ordinairement très fin.

La statuaire s'était de bonne heure emparée du bronze: malheureusement, aucune ne nous a été conservée de ces idoles qui remplissaient les temples de l'ancien empire. Quoi qu'on en ait dit, nous ne possédons point de statuettes en bronze qui soient antérieures à l'expulsion des Hyksos. Quelques-unes des figures qui proviennent de Thèbes sont bien certainement de la XVIIIe et de la XIXe dynastie: la tête de lion ciselée qui était avec les bijoux de la reine Ahhotpou, l'Harpocrate de Boulaq, qui porte le prénom de Kamos et le nom d'Ahmos Ier, plusieurs Ammon du même musée, qu'on dit avoir été découverts à Médinét-Habou et à Shéikh Abd-el-Gournah. Les pièces les plus importantes appartiennent à la XXIIe dynastie, ou lui sont postérieures et contemporaines des Pharaons saïtes; beaucoup ne remontent pas plus haut que les premiers Ptolémées. Un fragment qui est en la possession du comte Stroganoff, et qui a été recueilli dans les ruines de Tanis, faisait partie d'une statue votive du roi Pétoukhânou. Elle était exécutée aux deux tiers au moins de la grandeur naturelle, et c'est le morceau le plus considérable que nous ayons jusqu'à présent. Le portrait de la dame Takoushit, donné par M. Démétrio au musée d'Athènes, les quatre figures de la collection Posno, aujourd'hui au Louvre, le génie agenouillé de Boulaq, sont originaires de Bubastis et datent probablement des années qui précédèrent l'avènement de Psamitik Ier. La dame Takoushit est debout, le pied en avant, le bras droit pendant, le bras gauche replié et ramené contre la poitrine (Fig.270). Elle est vêtue d'une robe courte, brodée de scènes religieuses, et a des bracelets aux bras et aux mains.   La

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perruque à mèches carrées, régulièrement étagées, lui emboîte la tête. Le détail des étoffes et des bijoux est dessiné en creux, au trait, à la surface du bronze, et relevé d'un fil d'argent. La face est un portrait et semble indiquer une femme d'âge mûr. Le corps est, selon la tradition des écoles égyptiennes, un corps de jeune fille, élancé, ferme et souple. Le cuivre est mêlé fortement d'or et a des reflets doux, qui se marient de la manière la plus heureuse avec le riche décor de la broderie. Autant l'aspect en est fin et harmonieux, autant celui du génie agenouillé de Boulaq est rude et heurté. Il a la tête d'épervier et adore le soleil levant, comme c'est le devoir des génies d'Héliopolis; son bras droit est levé en l'air, son bras gauche se serre contre la poitrine. Le style de l'ensemble est sec, et le grenu de l'épiderme augmente encore l'impression de dureté; mais le mouvement est juste, énergique, et le masque d'oiseau s'ajuste au buste d'homme avec une sûreté surprenante. Les mêmes qualités et les mêmes défauts se retrouvent sur l'Hor de la collection Posno (Fig.271). Debout, les bras lancés en avant, à hauteur de la tête, il soulève le vase à libations et en verse le contenu sur un roi jadis placé devant lui. La rudesse est moins sensible dans les trois autres figures, surtout dans celle qui porte le nom de Mosou gravé à la pointe sur la poitrine, à l'endroit du coeur (Fig.272). Elle est debout, comme Hor, le pied gauche en avant, le bras gauche tombant près de la cuisse. La main droite, relevée à la hauteur du sein, tenait le bâton de commandement. Le torse est nu, les reins sont ceints du pagne rayé, dont la pointe retombe carrément entre les deux cuisses. La tête est coiffée de la perruque courte, à petites mèches fines, imbriquées l'une sur l'autre. L'oreille est ronde et grande. Les yeux, bien ouverts, étaient sertis d'argent et ont été volés par quelque fellah.

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Les traits ont une expression remarquable de hauteur et de fermeté. Que dire, après cela, des milliers d'Osiris, d'Isis, de Nephthys, d'Hor, de Nofirtoum, qu'on a retirés du sable et des décombres à Saqqarah, à Bubaste et dans toutes les villes du Delta? Beaucoup, sans doute, sont de charmants morceaux de vitrine et se recommandent par la perfection de la fonte ou par la délicatesse du travail; mais la plupart sont des objets de commerce, fabriqués pendant des siècles sur les mêmes modèles, et peut-être dans les mêmes moules, pour l'édification des dévots et des pèlerins. Ils sont mous, vulgaires, sans originalité, et ne se distinguent non plus les uns des autres que les milliers de figurines coloriées, dont nos marchands d'objets de sainteté encombrent leurs étalages. Seules, les images d'animaux, les béliers, les sphinx, les lions surtout, gardèrent jusqu'à la fin un cachet d'individualité des plus prononcés. Les Égyptiens avaient pour les félins une prédilection particulière: ils ont représenté le lion dans toutes les attitudes, chassant l'antilope, se ruant sur les chasseurs, blessé et se retournant pour mordre sa blessure, au repos et couché d'un calme dédaigneux, et nul peuple ne l'a rendu avec pareille connaissance de ses habitudes ni avec pareille intensité de vie. Plusieurs dieux et plusieurs déesses, Shou, Anhouri, Bastît, Sokhit, Tafnout, avaient forme de lion ou de chat, et comme le culte en était plus populaire dans le Delta que partout ailleurs, il ne se passe guère d'années où l'on ne déterre, au milieu des ruines de Bubastis, de Tanis,

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de Mendès ou de quelque ville moins célèbre, de véritables dépôts où les figurines de lion ou de lionne, de femmes ou d'hommes à têtes de lion et de chat, se comptent par milliers. Les chats de Bubaste et les lions de Tell-es-sebâ remplissent nos musées. Les lions d'Horbaït peuvent compter parmi les chefs-d'oeuvre de la statuaire égyptienne. Le nom d'Apriès est inscrit sur le plus grand d'entre eux (Fig.273), mais ce témoignage précis nous manquerait, que les caractères du morceau nous ramèneraient invinciblement à l'époque saïte. Il faisait partie des pièces qui composaient l'ornementation d'une porte de temple ou de naos, et la face postérieure en était engagée dans un mur ou dans une pièce de bois. Il est pris au piège, ou couché dans une cage oblongue, d'où ne sortent que la tête et les pattes de devant. Les lignes du corps sont simples et puissantes, l'expression de la face calme et forte. Il égale presque par l'ampleur et la majesté les beaux lions en calcaire d'Amenhotpou III.

L'idée d'appliquer l'or et les métaux nobles sur le bronze, sur la pierre ou sur le bois, était déjà ancienne en Égypte, au temps de Khéops. L'or est très souvent mêlé d'argent à l'état naturel; quand il en renfermait 20 pour 100, il changeait de nom et s'appelait électrum (asimou). L'électrum a une belle teinte jaune clair. Il pâlit à mesure que la proportion augmente: à 60 pour 100, il est presque blanc. L'argent venait surtout d'Asie en anneaux, en plaques ou en briquettes d'un poids déterminé. L'or et l'électrum arrivaient partie de Syrie, en briques et en anneaux, partie du Soudan, en pépites ou en poudre. L'affinage et la fonte sont figurés sur les monuments des anciennes dynasties. Un bas-relief de Saqqarah nous montre la pesée de l'or confié à l'ouvrier qui doit le travailler; un autre, de Béni-Hassan, le lavage et la mise au feu du minerai; un autre, de Thèbes, l'orfèvre assis devant son creuset, le chalumeau à la bouche pour attiser la flamme, et la pince à la main droite, prêt à saisir le lingot (fig.274). Les Égyptiens ne frappaient ni monnaies ni médailles.

A cela près, ils tiraient le même parti que nous des métaux précieux. Comme nous dorons les croix et les coupoles des églises, ils recouvraient d'or les portes des temples, le soubassement des murs, les bas-reliefs, les pyramidions d'obélisque, les obélisques entiers. Ceux de la reine Hatshepsitou à Karnak étaient bardés d'électrum. «On les apercevait des deux rives du Nil, et ils inondaient les deux Égyptes de leurs reflets éblouissants, quand le soleil se levait entre eux, comme il se lève à l'horizon du ciel.» C'étaient des lames forgées à grands coups de marteau sur l'enclume. Pour les objets de petite dimension, on se servait de pellicules, battues entre deux morceaux de parchemin. Le musée du Louvre possède un véritable livret de doreur, et les feuilles qu'il renferme sont aussi fines que celles des orfèvres allemands au siècle passé. On les fixait sur le bronze au moyen d'un

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mordant ammoniacal. S'il s'agissait de quelque statuette en bois, on commençait par coller une toile fine ou par déposer une mince couche de plâtre, et l'on appliquait l'or ou l'argent par-dessus ce premier enduit. Il est question de statues en bois doré de Thot, d'Hor, de Nofirtoum, dès le temps de Khéops. Le seul temple d'Isis, dame de la pyramide, en renfermait une douzaine, et ce n'était pas l'un des plus grands dans la nécropole memphite. Les temples de Thèbes paraissent en avoir possédé des centaines, au moins sous les dynasties conquérantes du nouvel empire, et les sanctuaires ptolémaïques ne le cédaient pas en cela aux thébains.

Le bronze et le bois doré ne suffisaient pas toujours aux dieux: c'était de l'or massif qu'il leur fallait et on leur en donnait le plus possible. Les rois de l'ancien et du moyen empire leur dédiaient déjà des statues taillées en plein dans les métaux précieux. Les pharaons de la XVIIIe et de la XIXe dynastie, qui puisaient presque à volonté dans les trésors de l'Asie, renchérirent sur ce qu'avaient fait leurs prédécesseurs. Même quand la décadence fut venue, on vit de simples seigneurs féodaux continuer la tradition des grands règnes, et, comme Montoumhît, prince de Thèbes, remplacer les images en or et en argent, que les généraux d'Ashshourbanipal avaient enlevées à Karnak, pendant les invasions assyriennes. La quantité de métal ainsi consacrée au service de la divinité était

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considérable. Si on y trouvait beaucoup de figures hautes de quelques centimètres à peine, on en trouvait beaucoup aussi qui mesuraient trois coudées et plus. Il y en avait d'un seul métal, or ou


argent; il y en avait qui étaient partie en or, partie en argent; il y en avait enfin qui se rapprochaient de la statuaire chryséléphantine des Grecs, et où l'or se combinait avec l'ivoire sculpté, avec l'ébène, avec les pierres précieuses. Ce qu'elles étaient, on le sait très exactement, et par les représentations qui en existent un peu partout, à Karnak, à Médinét-Habou, à Dendérah, dans

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les tombes, et par les statues de calcaire et de bois: la matière avait beau changer, le style ne variait pas. Rien n'est plus périssable que de pareilles oeuvres; la valeur même des matériaux qui les composent les condamne sûrement à la destruction. Ce que les guerres civiles, les invasions étrangères, la rapacité des pharaons et des gouverneurs romains avait épargné, devint la proie des


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chrétiens. Quelques statuettes mignonnes, placées sur les momies en guise d'amulettes, quelques figures, adorées comme divinités domestiques et égarées dans les ruines des maisons, quelques ex-voto, oubliés dans le coin obscur d'un temple, sont parvenus jusqu'à nous. Le Phtah et l'Ammon de la reine Ahhotpou, un autre Ammon en or de Boulaq et le vautour en argent découvert à

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Médinét-Habou vers 1885, sont les seules pièces de ce genre attribuées certainement à la grande époque. Le reste est saïte ou ptolémaïque et ne se recommande point par la perfection du travail. La vaisselle que renfermaient les temples et les maisons n'a pas eu meilleure chance que les statues. Le Louvre a acquis, au commencement du siècle, des coupes à fond plat que Thoutmos III donna à l'un de ses généraux, Thoutii, en récompense de sa bravoure. La coupe d'argent est très mutilée,

la coupe d'or est intacte et d'un fort joli dessin (fig.275). Les parois latérales sont ornées d'une légende hiéroglyphique. On a gravé au fond une rosace, autour de laquelle circulent six poissons. Une bordure de fleurs de lotus, reliées par une ligne courbe, tourne autour du sujet principal. Les cinq vases de Thmouïs, conservés à Boulaq, sont en argent. Ils faisaient partie du mobilier sacré, et avaient été enfouis dans une cachette, où ils sont demeurés jusqu'à nos jours. Rien n'indique leur âge; mais, qu'ils soient de l'époque grecque ou de l'époque thébaine, la facture est purement égyptienne. Il ne reste plus de l'un d'eux que le couvercle avec une poignée formée de deux fleurs réunies par la tige. Les autres sont intacts et décorés au repoussé de boutons de lotus et de lotus épanouis (Fig.276). Le galbe en est élégant et simple, l'ornementation sobre et légère, le relief très fin; l'un d'eux est pourtant entouré d'une ceinture d'oves assez fortes (Fig.277), dont la saillie altère un peu les contours de la panse. Ce sont là des pièces intéressantes; mais le nombre en est si restreint, que nous aurions une idée très incomplète de l'orfèvrerie égyptienne si les représentations figurées ne venaient à notre aide. Les pharaons n'avaient pas comme nous la ressource de jeter dans la circulation, sous forme de monnaie, l'or et l'argent qu'ils recevaient des peuples vaincus. La part des dieux prélevée, ils n'avaient d'autre alternative que de fondre en lingots, ou de changer en vaisselle et en bijoux ce qui leur revenait du butin. Ce qui était vrai des rois l'était encore plus des particuliers, et, pendant six ou huit siècles au moins, à partir d'Ahmos Ier, le goût de l'argenterie fut poussé jusqu'à l'extravagance. Toutes les maisons possédaient non seulement ce qu'il fallait pour le service de la table, plats, aiguières à pied, coupes, gobelets, paniers sur lesquels on gravait au trait des figures d'animaux fantastiques (fig.278), mais de grands vases décoratifs qu'on remplissait de fleurs,

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ou qu'on étalait sous les yeux des convives les jours de gala. Certains d'entre eux étaient d'une richesse extraordinaire. Ici, c'est une coupe dont les anses sont deux boutons de papyrus, et le pied un papyrus épanoui; deux esclaves asiatiques ou qu'on étalait sous les yeux des convives les jours de gala. Certains d'entre eux étaient d'une richesse extraordinaire. Ici, c'est une coupe dont les anses sont deux boutons de papyrus, et le pied un papyrus épanoui; deux esclaves asiatiques allongé, se dresse au milieu des arbres. Évidemment les ouvriers qui ont exécuté ce travail tenaient moins à l'élégance et à la beauté qu'à la richesse et à l'effet. Ils se souciaient peu que l'ensemble fût lourd et de mauvais goût, pourvu qu'on admirât leur habileté, et la quantité de métal qu'ils avaient réussi à employer. D'autres surtout du même genre, présentées à Ramsès II, dans le temple d'Ipsamboul, remplacent les girafes par des buffles courant à travers les palmiers.

C'étaient de vrais joujous d'orfèvrerie analogues à ceux que les empereurs byzantins du IXe siècle avaient dans leur palais de la Magnaure, et qu'ils étalaient les jours de réception pour donner aux étrangers une haute idée de leur puissance et de leur richesse. On les voyait défiler avec les prisonniers, dans le cortège triomphal de Pharaon, lorsqu'il revenait victorieux de ses guerres lointaines. Les vases d'usage journalier étaient plus légers et moins chargés

d'ornements incommodes. Les deux léopards qui servent d'anse à un cratère du temps de Thoutmos III (Fig.284) ne sont pas bien proportionnés et se combinent mal avec les rondeurs de la panse, mais les coupes (Fig.285) et l'aiguière (Fig.286) sont d'une ordonnance heureuse et d'un contour assez pur. Ces vases d'or et d'argent ciselé, travaillés au repoussé, et dont quelques-uns offrent des scènes de chasse ou de guerre disposées par zones, furent imités en Phénicie, et les contrefaçons, expédiées en Asie     Mineure,     en     Grèce,  en    Italie,

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y transportèrent plusieurs des formes et des motifs de l'orfèvrerie égyptienne. La passion des métaux précieux était poussée si loin sous les Ramessides, qu'on ne se contenta plus de les employer au service de la table. Ramsès II et Ramsès III avaient des trônes en or, non point plaqués sur bois, comme en avaient eu leurs prédécesseurs, mais massifs et garnis de pierreries. Tout cela avait trop de prix pour durer et disparut à la première occasion; la valeur artistique ne répondait pas d'ailleurs à la valeur vénale, et la perte n'est pas de celles dont on ne saurait se consoler.

Les Orientaux, hommes et femmes, sont grands amateurs de bijoux. Les Égyptiens ne faisaient pas exception à la règle. Non contents de s'en parer à profusion pendant la vie, ils en chargeaient les bras, les doigts,  le cou,  les oreilles,  le front,  les chevilles  de leurs morts. La

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quantité qu'ils enfouissaient ainsi dans les tombeaux était si considérable, qu'après trente siècles de fouilles actives, on découvre encore, de temps en temps, des momies qui sont, pour ainsi dire, cuirassées d'or. Beaucoup de ces bijoux funéraires n'étaient que des ornements de parade, fabriqués  pour le jour  des funérailles,   et dont l'exécution  se ressent  de l'usage  auquel  ils étaient

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destinés. On ne se privait pas pourtant d'enterrer avec les morts les bijoux qu'ils avaient préférés de leur vivant, et ceux-là sont traités avec un soin qui ne laisse rien à désirer. Les bagues et les chaînes nous sont arrivées en très grand nombre, et cela n'a rien que de naturel. En effet, la bague n'était pas comme chez nous un simple ornement, mais un objet de première nécessité; on scellait les pièces officielles au lieu de les signer, et le cachet faisait foi en justice. Chaque Égyptien avait donc le sien, qu'il portait constamment sur lui afin d'en user en cas de besoin. C'était, pour les pauvres, un simple anneau en cuivre ou en argent, pour les riches, un bijou de modèle plus ou moins compliqué, chargé de ciselures et d'ornements en relief. Le chaton mobile tournait sur un pivot. Il était souvent incrusté d'une pierre avec la devise ou l'emblème choisi par le propriétaire, un scorpion (Fig.287), un lion, un épervier, un cynocéphale. Les chaînes étaient pour l'Égyptienne ce que la bague était pour son mari, l'ornement par excellence. J'en ai vu une en argent qui mesurait plus d'un mètre cinquante de long. D'autres, au contraire, ont à peine cinq ou six centimètres. Il y en a de tous les modules, à tresse double ou triple, à gros anneaux, à petits anneaux, les unes massives et pesantes, les autres aussi légères et aussi flexibles que le plus mince jaseron de Venise. La moindre paysanne pouvait avoir la sienne, comme les dames du plus haut rang; mais il fallait que la femme fût bien pauvre dont l'écrin ne contenait rien d'autre. Bracelets, diadèmes, colliers, cornes, insignes de commandement, aucune énumération n'est assez complète pour donner une idée du nombre et de la variété des bijoux qu'on connaît,   soit par la représentation figurée, soit

en original. Berlin a la parure d'une Candace éthiopienne, le Louvre, celle du prince Psar, Boulaq celle de la reine Ahhotpou, la plus complète de toutes. Ahhotpou était femme de Kamos, roi de la XVIIe dynastie et peut-être mère d'Ahmos Ier. Sa momie avait été enlevée par une des bandes de

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voleurs qui exploitaient la nécropole thébaine, vers la fin de la XXe dynastie. Enfouie par eux, en attendant qu'ils eussent le loisir de la dépouiller en sûreté, il est probable qu'ils furent pris et mis à mort, avant d'avoir pu exécuter ce beau dessein. Le secret de leur cachette périt avec eux et ne fut découvert qu'en 1860, par les fouilleurs arabes. La plupart des objets que la reine avait emportés dans l'autre monde sont des bijoux de femme,  un manche d'éventail lamé d'or, un miroir de bronze

doré, à poignée en ébène, garnie d'un lotus d'or ciselé (Fig.288). Les bracelets appartiennent à plusieurs types divers. Les uns étaient destinés à garnir la cheville et le haut du bras, et sont de simples anneaux en or, massifs ou creux, ourlés de chaînettes en fils d'or tressés, imitant le filigrane. Les autres se portent au poignet, comme les bracelets de nos femmes, et sont formés de perles en or, en lapis-lazuli, en cornaline, en feldspath vert, montées sur des fils d'or et disposées en carré, dont chaque moitié est d'une couleur différente. La fermeture consiste en deux lames d'or, réunies par une aiguillette également en or: les cartouches d'Ahmos Ier y sont gravés légèrement à la pointe. C'est également au Pharaon Ahmos Ier qu'appartenait un beau bracelet d'arc (fig.289), dont la facture rappelle un peu les procédés usités dans la fabrication des émaux  cloisonnés.   Ahmos est agenouillé devant

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le dieu Sibou et ses acolytes, les génies de Sop et de Khonou. Les figures et les hiéroglyphes sont levés en plein sur une plaque d'or; et ciselés délicatement au burin. Le champ est rempli de pièces de pâte bleue et de lapis-lazuli taillées artistement. Un bracelet de travail plus compliqué, mais moins fin, était passé au poignet de la reine (Fig.290). Il est en or massif et formé de trois bandes parallèles, garnies de turquoises. Sur le devant, un vautour déploie ses ailes, dont les plumes sont composées d'émaux verts, de lapis-lazuli et de cornaline, enchâssés dans des cloisons d'or. Les cheveux étaient engagés dans un diadème d'or massif, à  peine  aussi  large qu'un bracelet. Le nom d'Ahmos

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est incrusté en pâte bleue sur une plaque oblongue, adhérente au cercle: deux petits sphinx en relief, posés  de  chaque  côté,   ont  l'air  de veiller  sur  lui (fig.291). Une grosse chaîne d'or flexible était


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enroulée autour du cou: elle est terminée par deux têtes d'oie recourbées, qu'on liait au moyen d'une ficelle, quand on voulait fermer le collier. Le scarabée qui lui sert de pendeloque a le corselet et les élytres en pâte de verre bleue, rayée d'or, les pâtes et le corps en or massif. La parure de la poitrine était complétée par un large collier du genre de ceux qu'on appelait Ouoskh (fig.292). Il a pour agrafes-deux têtes

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d'épervier en or, dont les détails étaient relevés d'émail bleu. Les rangs sont composés de cordes, enroulées, de fleurs à quatre pétales en croix, d'antilopes poursuivies par des tigres, de chacals accroupis, d'éperviers, de vautours et d'uraeus ailées, le tout en or repoussé, et cousu sur le linceul au moyen d'un petit anneau soudé derrière chaque figure. Au-dessous, pendait sur la poitrine une de ces pièces carrées qu'on appelle un pectoral (Fig.293). La forme générale est d'un naos. Ahmos, debout dans une barque entre Ammon et Râ, reçoit, sur la tête et sur le corps, l'eau qui doit le purifier. Deux éperviers planent, à droite et à gauche du roi, au-dessus des dieux. La silhouette des figures est dessinée par des cloisons d'or; le corps était rendu par des plaquettes de pierre et d'émail, dont beaucoup sont tombées. Le morceau est un peu lourd, et l'usage ne s'en comprend guère si on l'isole du reste de la parure. Pour juger sainement l'effet qu'il produisait, on doit se rappeler ce qu'était le vêtement des femmes égyptiennes: une sorte de fourreau d'étoffe semi-transparente, qui s'arrêtait au-dessous des seins et les laissait saillir librement. Le haut de la poitrine et du dos, les épaules, le cou étaient à découvert, sauf une paire de bretelles étroites qui maintenaient le fourreau et l'empêchaient de glisser. Les femmes riches habillaient cette nudité de bijoux. Le collier voilait à moitié les épaules et le haut de la poitrine. Le pectoral masquait le sillon qui se creuse entre les seins. Les seins eux-mêmes étaient parfois emboîtés chacun dans une sorte de coupe d'or émaillé ou peint, qui en épousait exactement les contours. A côté de ces bijoux, des armes et des amulettes étaient entassés pêle-mêle: trois grosses

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mouches d'or massif suspendues à une chaînette mince, neuf petites haches, trois en or, six en argent, une tête de lion en or d'un travail minutieux, un sceptre en bois noir enroulé d'or, des anneaux de jambes, des poignards. L'un d'eux (Fig.294), enfermé dans une gaine d'or, avait un manche en bois, décoré de triangles en cornaline, en lapis-lazuli, en feldspath et en or. Pour pommeau, quatre têtes de femme en or repoussé; une tête de taureau renversée, en or, dissimule la soudure de la lame au manche. Le pourtour de la lame est en or massif, le corps en bronze noir, damasquiné. Sur la face supérieure, au-dessous du prénom d'Ahmos, un lion poursuit un taureau, en présence de quatre grosses sauterelles alignées; sur la face inférieure, le nom d'Ahmos et quinze fleurs épanouies, qui sortent l'une de l'autre et vont se perdant vers la pointe. Un poignard, découvert à Mycènes par M. Schliemann, présente un système de décoration analogue; les Phéniciens, qui copiaient assidûment les modèles égyptiens, ont probablement transporté celui-là en Grèce. Le second poignard de la reine (Fig.295) a une forme qu'il n'est pas rare de rencontrer aujourd'hui encore dans la Perse et dans l'Inde. C'est une lame en bronze jaunâtre très lourd, emmanchée d'un disque en argent. Pour s'en servir, on appuyait le pommeau lenticulaire dans le creux de la main, et l'on passait la lame entre l'index et le médius. On se demandera quel besoin une femme, et une femme morte, avait de tant d'armes. L'autre monde était peuplé d'ennemis contre lesquels on devait lutter sans relâche, génies typhoniens, serpents, scorpions gigantesques, tortues, monstres de toute sorte. Les poignards qu'on enfermait au cercueil avec la momie aidaient l'âme à se protéger, et comme ils n'étaient

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utiles que pour la lutte corps à corps, on avait ajouté quelques armes de jet, des arcs, des boumerangs en bois dur et une hache de guerre. Le manche est en bois de cèdre revêtu d'une feuille d'or (fig.296). La légende d'Ahmos y est écrite en caractères de lapis-lazuli, de cornaline, de

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turquoise et de feldspath vert. Le tranchant est saisi dans une entaille du bois et maintenu en place par un treillis de fils d'or. Il est en bronze noir et a été doré. L'une des deux faces montre des lotus sur fond d'or, l'autre Ahmos frappant un barbare à moitié renversé, qu'il tient aux cheveux. Au-dessous, le dieu de la guerre, Montou Thébain, est représenté par un griffon à tête d'aigle. Deux barques en argent et en or simulaient la barque sur laquelle la momie traversait le fleuve, pour se rendre à sa dernière demeure et naviguer à la suite des dieux sur la mer d'Occident. La barque en argent était posée sur un chariot de bois à quatre roues en bronze; comme elle était en assez mauvais état, on l'a démontée et remplacée par la barque en or (fig.297). La coque est légère et allongée: les  façons  de  l'avant  et  de  l'arrière  sont  relevées 

et se terminent  par des bouquets de


papyrus gracieusement recourbés. Deux estrades, entourées de balustrades à panneaux pleins, se dressent à la proue et à la poupe, en guise de châteaux gaillards. Le pilote d'avant est debout dans la première, le timonier se tient devant la seconde et manie la rame à large palette qui remplissait l'office de notre gouvernail. Douze rameurs d'argent massif voguent sous les ordres de ces deux officiers. Au centre, Kamos est assis, la hache et le sceptre à la main. Voilà ce qu'il y avait sur une seule momie; encore n'ai-je énuméré que les objets les plus remarquables. La technique en est irréprochable, et la sûreté du goût n'est pas moindre chez l'ouvrier que la dextérité de la main. L'art de l'orfèvre, parvenu au degré de perfection dont témoigne l'écrin d'Ahhotpou, ne s'y maintint pas longtemps. Les modes changèrent, la forme des bijoux s'alourdit. La bague de Ramsès II au Louvre, avec ses chevaux posés debout sur le chaton (Fig.298), le bracelet du prince

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Psar (fig.299), avec ses griffons et ses lotus en émail cloisonné, sont d'un dessin moins heureux que les bracelets d'Ahmos. Celui qui les a exécutés était, sans contredit, aussi habile que les orfèvres de la reine Ahhotpou; mais il avait le goût moins fin et l'esprit moins inventif. Ramsès II était condamné, ou bien à ne jamais porter sa bague, ou bien à voir les petits chevaux qui l'ornaient, s'écraser et tomber au moindre choc. La décadence, déjà sensible sous la XIXe dynastie, s'accentue à mesure que nous nous rapprochons de l'ère chrétienne. Les boucles d'oreilles de Ramsès IX, au musée de Boulaq, sont un composé disgracieux de disques chargés de filigrane, de chaînettes, d'uraeus pendants; comme aucune oreille humaine n'aurait pu en porter le poids sans s'allonger outre mesure ou sans se déchirer, on les accrochait à la perruque de chaque côté de la tête. Les bracelets du grand-prêtre Pinotmou III, recueillis sur sa momie, sont de simples anneaux en or, ronds, incrustés de verre coloré et de cornaline, semblables à ceux qu'on fabrique encore aujourd'hui chez les noirs du Soudan. L'invasion des Grecs modifia d'abord les procédés de l'orfèvrerie égyptienne, puis substitua peu à peu ses types aux types indigènes. L'écrin de la reine éthiopienne que Ferlini vendit au musée de Berlin contenait, à côté de bijoux qu'on aurait pu

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attribuer sans peine à l'époque pharaonique, des bijoux de style mixte où l'influence hellénique est nettement reconnaissable. Les trésors découverts, en 1878, à Zagazig, en 1881, à Qénèh, en 1882, à Damanhour, étaient composés entièrement d'objets dont la facture n'a plus rien d'égyptien, épingles à cheveux surmontées d'une statuette de Vénus, boucles de ceinture, agrafes pour péplum, bagues et bracelets ornés de camées, coffrets flanqués aux quatre coins de colonnettes ioniques. Les vieux modèles étaient encore recherchés dans les campagnes, et les orfèvres de village conservaient tant bien que mal la tradition antique: les orfèvres de ville ne savaient plus que copier lourdement les modèles grecs et romains.

Cette revue rapide de ce qu'ont produit les arts industriels présente bien des lacunes. J'ai dû me borner à citer ce que renferment les collections les plus connues; que ne trouverait-on pas si l'on pouvait visiter à loisir nos musées de province et recueillir ce que le hasard des ventes a dispersé dans les collections particulières! La diversité des petits monuments de l'industrie égyptienne est infinie et l'étude méthodique en reste encore à faire: elle promet plus d'une surprise à qui voudra la tenter.


FIN



Egypte - L'archeologie egyptienne

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