Egypte - L'archeologie egyptienne
Chapitre 3 : LES TOMBEAUX
- 1. Les mastabas
- 2. Les pyramides
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Les tombes royales ont la forme de pyramides à
base rectangulaire et sont l'équivalent, en pierre ou en
brique, du tumulus en terre meuble qu'on amoncelait
sur le corps des chefs de guerre, aux époques antéhistoriques.
Les mêmes idées prévalaient sur les âmes des
rois qui avaient cours sur celles des particuliers. Le
plan de la pyramide comporte donc les trois parties de
celui des mastabas: la chapelle, les couloirs, les chambres
funéraires.
La chapelle est toujours isolée. A Saqqarah, on
n'en a découvert aucune trace. Elle était probablement, comme plus tard à Thèbes, située dans le faubourg de la
ville le plus proche de la montagne. A Gizèh, à Abousîr,
à Dahshour, les débris en sont encore visibles sur le front
de la façade orientale ou septentrionale. C'était alors un
véritable temple avec chambres, cours et passages. Les
fragments de bas-reliefs qui sont parvenus jusqu'à nous
montrent les scènes du sacrifice et prouvent que la décoration
était identique à celle des salles publiques du
mastaba. La pyramide proprement dite ne renferme que
les couloirs et le caveau funèbre. La plus ancienne dont
les textes nous certifient l'existence, au nord d'Abydos,
est celle de Snofrou; les plus modernes appartiennent
aux princes de la XIIe dynastie. La construction de ces
monuments a donc été, pendant treize ou quatorze siècles,
une opération courante, prévue par l'administration.
Le granit, l'albâtre, le basalte destinés au sarcophage
et à certains détails, étaient les seuls matériaux
dont l'emploi et la quantité ne fussent pas réglés à
l'avance et qu'il fallût aller chercher au loin. Pour se
les procurer, chaque roi envoyait un des principaux
personnages de la cour en mission aux carrières de la
haute Égypte, et la célérité avec laquelle on rapportait
les blocs était un titre puissant à la faveur du souverain.
Le reste n'exigeait pas tant de frais. Si le gros
oeuvre était en brique, on moulait la brique sur place,
avec la terre prise dans la plaine au pied de la colline.
S'il était en pierre, les parties du plateau les plus voisines
fournissaient le calcaire marneux à profusion. On
réservait d'ordinaire à la construction des chambres et
au revêtement le calcaire de Tourah, qu'on n'avait
même pas la peine de faire venir spécialement de l'autre côté du Nil. Memphis avait des entrepôts toujours
pleins, où l'on puisait sans cesse pour les édifices publics,
et par conséquent pour la tombe royale. Les
blocs, pris dans ces réserves et apportés en barque jusque
sous la montagne, montaient à l'emplacement choisi par
l'architecte, le long de chaussées inclinées doucement.
La disposition intérieure, la longueur des couloirs, la
hauteur sont très variables; la pyramide de Khéops
culminait à 145 mètres environ au-dessus du sol, la plus
petite n'atteignait pas 10 mètres. Comme il est malaisé
de concevoir aujourd'hui quels motifs ont déterminé
les Pharaons à choisir des proportions aussi différentes,
on a pensé que la masse bâtie était en proportion directe
du temps consacré à la bâtir, c'est-à-dire de la durée
de chaque règne. Dès qu'un prince montait sur le
trône, on aurait commencé par lui ériger à la hâte une
pyramide assez vaste pour contenir les parties essentielles
du tombeau; puis, d'année en année, on aurait
ajouté des couches nouvelles autour du noyau primitif,
jusqu'au moment où la mort arrêtait à jamais la croissance
du monument. Les faits ne justifient pas cette hypothèse.
La moindre des pyramides de Saqqarah appartient
à Ounas, qui régna trente ans; mais les deux imposantes
pyramides de Gizèh ont été édifiées par Khéops
et par Khéphrên, qui gouvernèrent l'Égypte l'un vingt-quatre,
l'autre vingt-trois ans. Mirinrì, qui mourut fort
jeune, a une pyramide aussi grande que Pepi II, qui
prolongea sa vie au delà de quatre-vingt-dix ans. Le
plan de chaque pyramide était tracé une fois pour toutes
par l'architecte, selon les instructions qu'il avait reçues
et les ressources qu'on plaçait à sa disposition. Une fois mis en train, l'exécution s'en poursuivait jusqu'à complet
achèvement des travaux, sans se développer ni se restreindre.
Les pyramides devaient avoir les faces aux quatre
points cardinaux, comme les mastabas; mais, soit maladresse,
soit négligence, la plupart ne sont pas orientées
exactement, et plusieurs s'écartent sensiblement du
nord vrai. Sans parler des ruines d'Abou-Roâsh et de
Zaouiét-el-Aryân, qui n'ont pas encore été étudiées
d'assez près, elles se partagent naturellement en six
groupes, distribués du nord au sud sur la lisière du
plateau de Libye, de Gizèh au Fayoum, par Abousîr,
Saqqarah, Dahshour et Lisht. Le groupe de Gizèh en
compte neuf, et, dans le nombre, celles de Khéops, de
Khéphrên et de Mykérinos, que l'antiquité classait
parmi les merveilles du monde. Le terrain sur lequel
le Khéops repose était assez irrégulier, au moment de
la construction. Un petit tertre qui le dominait fut
taillé rudement (Fig.132) et englobé dans la maçonnerie,
le reste fut aplani et garni de grosses dalles dont
quelques-unes subsistent encore. La pyramide même
avait une hauteur de cent quarante-cinq mètres et
une base de deux cent trente-trois, que l'injure du
temps a réduites respectivement à cent trente-sept et
deux cent vingt-sept. Elle garda, jusqu'à la conquête
arabe, un parement en pierres de couleurs diverses, si
habilement assemblées qu'on aurait dit un seul bloc du
pied au sommet. Le travail de revêtement avait commencé
par le haut: la pointe avait été placée la première,
puis les assises s'étaient recouvertes de proche en proche
jusqu'à ce qu'on eût gagné le
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bas. A l'intérieur, tout avait été calculé de manière à cacher le site exact du sarcophage
et à décourager les fouilleurs que le hasard ou
leur persévérance auraient mis sur la bonne voie. Le
premier point était, pour eux, de découvrir l'entrée sous
le revêtement qui le masquait. Elle était à peu près au
milieu de la face nord (Fig.132), mais au niveau de la dix-huitième
assise, à quarante-cinq
pieds environ
au-dessus du sol.
Les dalles qui l'obstruaient
une fois déplacées,
on pénétrait
dans un couloir incliné,
haut de 1 m 06,
large de 1 m 22, pratiqué
en partie dans la roche vive.
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Il descend l'espace de
quatre-vingt-dix-sept mètres, traverse une chambre inachevée
(C) et se termine dix-huit mètres plus loin en cul-de-sac.
C'était un premier désappointement. Si pourtant
on ne se laissait pas rebuter, et qu'on examinât le passage
avec soin, on distinguait dans le plafond, à dix-neuf
mètres de la porte, un bloc de granit qui tranchait sur le
calcaire environnant (D). Il était si dur que les chercheurs,
après avoir travaillé vainement à le briser ou à le
déchausser, prirent le parti de se frayer un chemin à
travers les parties de la maçonnerie construites en une
pierre plus tendre. L'obstacle tourné, ils débouchèrent
dans un couloir ascendant, qui se raccorde au premier
sous un angle de 120 degrés et se divise en deux branches (E).
L'une s'enfonce horizontalement vers le centre de la pyramide et se perd dans une chambre en granit à toit pointu, qu'on appelle, sans raison valable, Chambre
de la Reine (F). L'autre, tout en continuant à monter,
change de forme et d'aspect. C'est maintenant une galerie
longue de 45 mètres, haute de 8 m 50, bâtie en belle
pierre du Mokatam, si polie et si finement appareillée
qu'on a peine à glisser entre les joints «une aiguille
ou même un cheveu». Les assises les plus basses
portent d'aplomb l'une sur l'autre, les sept suivantes
s'avancent en encorbellement, de manière que les dernières
ne soient plus séparées au plafond que par un
intervalle de 0 m 60. Un obstacle nouveau se dressait
à l'extrémité (G). Le couloir qui mène à la chambre
du sarcophage était clos d'une seule plaque de granit;
venait ensuite un petit vestibule (H), coupé à espaces
égaux par quatre herses, également en granit, qu'il fallait
briser. Le caveau royal (I) est une chambre en granit,
à toit plat, haute de 5 m 81, longue de 10 m 43, large
de 5 m 20; on n'y voit ni figure ni inscription, rien
qu'un sarcophage en granit mutilé et sans couvercle.
Telles étaient les précautions prises contre les hommes:
l'événement a prouvé qu'elles étaient efficaces, car la
pyramide garda son dépôt plus de quatre mille ans.
Mais le poids même des matériaux était un danger plus
sérieux pour elle. On empêcha le caveau d'être écrasé
par les cent mètres de pierre qui le protégeaient, en
ménageant au-dessus de lui cinq pièces de décharge,
basses et superposées (J). La dernière est abritée par un
toit pointu, formé de deux énormes dalles appuyées
par le haut l'une à l'autre. Grâce à cet artifice, la pression
centrale fut rejetée presque entière sur les faces
latérales, et le caveau fut respecté. Aucune des pierres qui le revêtent n'a été écrasée, aucune n'a cédé d'une
ligne depuis le jour où les ouvriers l'ont scellée en sa
place.
Les pyramides de Khéphrên et de Mykérinos ont été
bâties à l'intérieur sur un plan différent de celle de
Khéops. Khéphrên a deux issues, toutes deux tournées
vers le nord, l'une sur l'esplanade, l'autre à 15 mètres
au-dessus du sol. Mykérinos possède encore les débris
de son revêtement de granit rose. Le couloir d'entrée
descend à un angle de 26°,2' et pénètre rapidement
dans le roc. La première salle qu'il traverse est décorée
de panneaux sculptés dans la pierre et fermée à la sortie
par trois herses en granit. La seconde pièce paraissait
être inachevée, mais ce n'était là qu'une ruse destinée
à tromper les fouilleurs: un couloir ménagé dans
le sol et soigneusement dissimulé donnait accès au caveau.
Là reposait la momie dans un sarcophage de basalte
sculpté, encore intact au commencement du siècle:
enlevé par Vyse, il a sombré sur la côte d'Espagne
avec le navire qui le transportait en Angleterre. La
même variété de disposition prévaut dans le groupe
d'Abousîr et dans une partie de celui de Saqqarah. La
grande pyramide de Saqqarah n'est pas orientée exactement:
la face nord s'écarte de 4°,35 du nord vrai.
Elle n'a point pour base un carré parfait, mais un rectangle
allongé de l'est à l'ouest, de 120 m 60 sur 107 m 30
de côté. Elle est haute de 59 m 68 et se compose de six
cubes à pans inclinés, en retraite l'un sur l'autre de
2 mètres environ: le plus rapproché du sol a 11 m 48
d'élévation, le plus éloigné 8 m 89 (Fig.133). Elle est construite
entièrement avec le calcaire de la montagne environnante. Les matériaux sont petits et mal taillés, les
lits d'assise concaves, selon la méthode qu'on appliquait
également à la construction des quais et des forteresses.
Quand on explore les brèches de la maçonnerie,
on reconnaît que la face externe de chaque gradin
est comme habillée de deux enveloppes, dont chacune
a son parement régulier. La masse est pleine, les
chambres sont creusées dans le roc au-dessous de la
pyramide. La principale des quatre entrées donne au
nord, et les couloirs forment un véritable dédale au milieu
duquel il est périlleux de s'aventurer: portique à
colonnes, galeries, chambres, tout aboutit à une sorte
de puits, au fond duquel était pratiquée une cachette,
destinée sans doute à contenir les objets les plus précieux
du mobilier funéraire. Les pyramides qui entourent
ce monument extraordinaire ont été presque toutes
édifiées sur un modèle unique (Fig.134) et ne se distinguent
que par les proportions. La porte s'ouvre juste
au-dessous de la première assise, vers le milieu de la
face septentrionale, et le couloir (B) descend, par une pente assez douce, entre des murs en calcaire. Il est
bouché sur toute son étendue de gros blocs qu'on doit
briser avant de parvenir à la salle d'attente (C). Au sortir
de cette salle, il marche
quelque temps encore dans le
calcaire, puis il passe entre quatre
murs de granit de Syène poli, après
quoi le calcaire reparaît, et on débouche dans le vestibule
(E). La partie bâtie en granit est interrompue
trois fois, à 60 ou 80 centimètres
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d'intervalle, par
trois énormes herses de
granit (D). Au-dessus de
chacune d'elles se trouve
un vide, dans lequel elle
était maintenue par des
supports qui laissaient le
passage libre (Fig.135). La
momie une fois introduite,
les ouvriers en se retirant
enlevaient les étais, et les trois herses, tombant en
place, interceptaient toute communication avec le dehors.
Le vestibule était flanqué, à l'est, d'un serdab à
toit plat, divisé en trois niches et encombré d'éclats de
pierre, balayés à la hâte par les esclaves, au moment où l'on nettoyait les chambres pour y recevoir la momie.
La pyramide d'Ounas les a conservées toutes trois.
Dans Teti et dans Mirinrì, les murs de séparation ont
été fort proprement enlevés, dès l'antiquité, et n'ont
laissé d'autre trace qu'une ligne d'attache et une teinte
plus blanche de la paroi, aux endroits qu'ils recouvraient
primitivement. Le
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caveau (G) s'étendait à l'ouest du
vestibule: le sarcophage y était déposé
le long de la muraille occidentale, Les pyramides de Gizéh appartenaient à des Pharaons
de la IVe dynastie, et celles d'Abousîr à des Pharaons
de la Ve. Les cinq pyramides de Saqqarah, dont le
plan est uniforme, appartiennent à Ounas et aux quatre
premiers rois de la VIe dynastie, Teti, Pepi Ier, Mirinrì,
Pepi II,
et sont contemporaines des mastabas à caveaux peints que j'ai signalés plus haut. On ne s'étonnera
donc point d'y rencontrer des inscriptions et des ornements.
Partout, les plafonds sont chargés d'étoiles
pour figurer le ciel de la nuit. Le reste de la décoration
est fort simple. Dans la pyramide d'Ounas, où elle
joue le plus grand rôle, elle n'occupe que le fond de la
chambre funéraire; la partie voisine du sarcophage
avait été revêtue d'albâtre et ornée à la pointe des
grandes portes monumentales, par lesquelles le mort
était censé entrer dans ses magasins de provisions. Les
figures d'hommes et d'animaux, les scènes de la vie
courante, le détail du sacrifice n'y sont point représentés
et n'auraient pas d'ailleurs été à leur place en
cet endroit. On les retraçait dans les lieux où le double
menait sa vie publique, et où les visiteurs exécutaient
réellement les rites de l'offrande; les couloirs et le caveau
où l'âme était seule à circuler ne pouvaient recevoir
d'autre ornementation que celle qui a rapport à la vie
de l'âme. Les textes sont de deux sortes. Les moins
nombreux ont trait à la nourriture du double et sont
la transcription littérale des formules par lesquelles le
prêtre lui assurait la transmission de chaque objet au
delà de ce monde: c'était pour lui une ressource suprême,
au cas où les sacrifices réels auraient été suspendus,
et où les tableaux magiques de la chapelle auraient
été détruits. La plus grande partie des inscriptions
se rapportaient à l'âme et la préservaient des
dangers qu'elle courait au ciel et sur la terre. Elles lui
révélaient les incantations souveraines contre la morsure
des serpents et des animaux venimeux, les mots
de passe qui lui
permettaient de s'introduire dans la compagnie des dieux bons, les exorcismes qui annulaient
l'influence des dieux mauvais. De même que la
destinée du double était de continuer à mener l'ombre
de la vie terrestre et s'accomplissait dans la chapelle,
la destinée de l'âme était de suivre le soleil à travers le
ciel et dépendait des instructions qu'elle lisait sur les
murailles du caveau. C'était par leur vertu que l'absorption
du mort en Osiris devenait complète et qu'il
jouissait désormais de toutes les immunités naturelles à
la condition divine. Là-haut, dans la chapelle, il était
homme et se comportait à la façon des hommes; ici, il
était dieu et se comportait à la façon d'un dieu. L'énorme massif rectangulaire que les Arabes appellent
Mastabat-el-Faraoun, le siège de Pharaon (Fig.137),
se dresse à côté de Pepi II. On a voulu y voir, tantôt
une pyramide inachevée, tantôt une tombe surmontée
d'un obélisque; c'est un mastaba royal dont l'intérieur
présente l'ordonnance d'une pyramide. Mariette croyait
qu'Ounas y était enterré, mais les fouilles de ces temps
derniers ont rendu cette attribution impossible. En revanche,
elles semblent montrer que la pyramide méridionale
de Dahshour appartient à Snofrou. Si le fait est confirmé par des recherches postérieures, il y a des
chances pour que le groupe entier soit le plus ancien
de tous et remonte à la IIIe dynastie. Il fournit une variante
curieuse du type ordinaire. L'une des pyramides
en pierre a la moitié inférieure inclinée de 54º,41' sur
l'horizon, tandis qu'à partir de mi-hauteur l'inclinaison
change brusquement et est de 42º,59'; on dirait un
mastaba couronné d'une mansarde gigantesque. A Lisht,
on quitte l'ancien empire pour les dynasties thébaines,
et la structure se modifie encore: le couloir en pente
aboutit à un puits perpendiculaire, au fond duquel débouchaient
des chambres envahies aujourd'hui par les
infiltrations du Nil. Le groupe du Fayoum est tout
entier de la XIIe dynastie, mais les pyramides de Biahmou
sont presque entièrement détruites; celle d'Illahoun
n'a jamais été explorée, et celle de Méïdoum,
violée avant le siècle des Ramessides, est vide. Elle
consiste en trois tours carrées, à pans légèrement inclinés
et qui s'étagent en retraite l'une sur l'autre (Fig.138).
L'entrée est au nord, à seize mètres environ au-dessus du sable. Au delà de vingt mètres, le couloir descend
dans le roc; à cinquante-trois, il se redresse, s'arrête
douze mètres plus loin, remonte perpendiculairement
vers la surface, et affleure dans le sol du caveau, six mètres
et demi plus haut (Fig.139). Un appareil de
poutres et de cordes, encore en place au-dessus de l'orifice,
montre que les voleurs ont tiré le
sarcophage hors de la chambre, dès l'antiquité. L'usage
des pyramides ne cessa pas avec la XIIe dynastie:
on en connaît à Manfalout, à Hékalli, au sud
d'Abydos, à Mohammériah, au sud d'Esnéh. Jusqu'à
l'époque romaine, les souverains à demi barbares de
l'Éthiopie tinrent à honneur de donner à leurs tombes
la forme pyramidale. Les plus anciennes, celle de Nouri,
où dorment les Pharaons de Napata, rappellent par
la facture les pyramides de Saqqarah; les plus modernes,
celles de Méraouy, présentent des caractères
nouveaux. Elles sont plus hautes que larges, de petit
appareil et garnies parfois aux angles de bordures
carrées ou arrondies. La face orientale est munie d'une
fausse lucarne, surmontée d'une corniche et flanquée
d'une chapelle que précède un pylône. Toutes ne sont pas
muettes: comme sur les murs des tombeaux ordinaires,
on y a retracé des scènes empruntées au Rituel des Funérailles
ou aux vicissitudes de la vie d'outre-tombe.
- 3. Les tombes de l'empire thébain : les hypogées
Egypte - L'archeologie egyptienne
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