Egypte - L'archeologie egyptienne
Chapitre 1 : L'ARCHITECTURE CIVILE ET MILITAIRE
- 1. Les Maisons
Le sol de l'Égypte, lavé sans cesse par l'inondation,
est un limon noir, compact, homogène, qui acquiert en
se séchant la dureté de la pierre: les fellahs l'ont employé
de tout temps à construire leur maison. Chez les
plus pauvres, ce n'est guère qu'un amas de terre façonné
grossièrement. On entoure un espace rectangulaire,
de 2 ou 3 mètres de large sur 4 ou 5 de long, d'un
clayonnage en nervures de palmier, qu'on enduit intérieurement
et extérieurement d'une couche de limon;
comme ce pisé se crevasse en perdant son eau, on
bouche les fissures et on étend des couches nouvelles,
jusqu'à ce que l'ensemble ait de 10 à 30 centimètres
d'épaisseur, puis on étend au-dessus de la chambre
d'autres nervures de palmier mêlées de paille, et on
recouvre le tout d'un lit mince de terre battue. La hauteur
est variable: le plus souvent, le plafond est très
bas, et on ne doit pas se lever trop brusquement de peur
de le défoncer d'un coup de tête; ailleurs, il est à 2 mètres
du sol ou même plus. Aucune fenêtre, aucune
lucarne où pénètrent l'air et la lumière; parfois un
trou, pratiqué au milieu du plafond, laisse sortir la fumée
du foyer; mais c'est là un raffinement que tout le
monde ne connaît pas.
Il n'est pas toujours facile de distinguer au premier
coup d'oeil celles de ces cabanes qui sont en pisé et
celles qui sont en briques crues. La brique égyptienne
commune n'est guère que le limon, mêlé avec un peu
de sable et de paille hachée, puis façonné en tablettes
oblongues et durci au soleil. Un premier manoeuvre
piochait vigoureusement à l'endroit où l'on voulait
bâtir; d'autres emportaient les mottes et les accumulaient
en tas, tandis que d'autres les pétrissaient avec les
pieds et les réduisaient en masse homogène. La pâte
suffisamment triturée, le maître ouvrier la coulait dans
des moules en bois dur, qu'un aide emportait et s'en
allait décharger sur l'aire à sécher, où il les rangeait en
damier, à petite distance l'une de l'autre (Fig.1). Les
entrepreneurs soigneux les laissent au soleil une demi-journée
ou même une journée entière, puis les disposent
en monceaux de manière que l'air circule librement, et
ne les emploient qu'au bout d'une semaine ou deux;
les autres se contentent de quelques heures d'exposition
au soleil et s'en servent humides encore. Malgré
cette négligence, le
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limon est tellement tenace qu'il ne
perd pas aisément sa forme: la face tournée an dehors
a beau se désagréger sous les influences atmosphériques,
si l'on pénètre dans le mur même, on trouve la
plupart des briques intactes et séparables les unes des
autres. Un bon ouvrier moderne en moule un millier
par jour sans se fatiguer; après une semaine d'entraînement,
il peut monter à 1,200, à 1,500, voire à 1,800.
Les ouvriers anciens, dont l'outillage ne différait pas
de l'outillage actuel, devaient obtenir des résultats aussi
satisfaisants. Le module qu'ils adoptaient généralement
est de 0m,22, × 0m,11, × 0m,14 pour les briques de taille
moyenne, 0m,38, × 0m,18, × 0m,14 pour les briques de
grande taille; mais on rencontre assez souvent dans les
ruines des modules moindres ou plus forts. La brique
des ateliers royaux était frappée quelquefois aux cartouches
du souverain régnant; celle des usines privées
a sur le plat un ou plusieurs signes conventionnels
tracés à l'encre rouge, l'empreinte des doigts du
mouleur, le cachet d'un fabricant. Le plus grand nombre
n'a point de marque qui les distingue. La brique cuite
n'a pas été souvent employée avant l'époque romaine,
non plus que la tuile plate ou arrondie. La brique émaillée
paraît avoir été à la mode dans le Delta. Le plus
beau spécimen que j'en aie vu, celui qui est conservé
au musée de Boulaq, porte à l'encre noire les noms de
Ramsès III; l'émail en est vert, mais d'autres fragments
sont colorés en bleu, en rouge, en jaune ou en blanc.
La nature du sol ne permet pas de descendre beaucoup
les fondations: c'est d'abord une couche de terre
rapportée, qui n'a d'épaisseur que sur l'emplacement des
grandes villes, puis un humus fort
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dense, coupé de minces veines de sable, puis, à partir du niveau des
infiltrations, des boues plus ou moins liquides, selon
la saison. Aujourd'hui, les maçons indigènes se contentent
d'écarter les terres rapportées et jettent les fondations
dès qu'ils touchent le sol vierge; si celui-ci est
trop loin, ils s'arrêtent à un mètre environ de la surface.
Les vieux Égyptiens en agissaient de même:
je n'ai rencontré aucune maison antique dont les fondations
fussent à plus de 1m,20, encore une pareille
profondeur est-elle l'exception, et n'a-t-on pas dépassé
0m,60 dans la plupart des cas. Souvent, on ne se fatiguait
pas à creuser des tranchées: on nivelait l'aire
à couvrir, et, probablement après l'avoir arrosée largement
pour augmenter la consistance du terrain, on
posait les premières briques à même. La maison terminée,
les déchets de mortier, les briques cassées, tous les rebuts du travail
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accumulés formaient une couche
de 20 à 30 centimètres: la partie du mur enterrée
de la sorte tenait lieu de fondations. Quand la maison
à bâtir devait s'élever sur l'emplacement d'une
maison antérieure, écroulée de vétusté ou détruite par
un accident quelconque, on ne prenait pas la peine
d'abattre les murs jusqu'au ras de terre. On égalisait la
surface des décombres et on construisait à quelques pieds
plus haut que précédemment: aussi chaque ville est-elle
assise sur une ou plusieurs buttes artificielles, dont les
sommets dominent parfois de 20 ou 30 mètres la campagne
environnante. Les historiens grecs attribuaient
ce phénomène d'exhaussement à la sagesse des rois, de
Sésostris en particulier, qui avaient voulu mettre les
cités à l'abri des eaux, et les modernes ont cru reconnaître le procédé employé à cet effet: on construisait
des murs massifs de brique, entre-croisés en damier,
on comblait les intervalles avec des terres de déblayement,
et on élevait les maisons sur ce patin gigantesque.
Partout où j'ai fait des fouilles, à Thèbes spécialement,
je n'ai rien vu qui
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répondît à cette description; les murs entrecoupés qu'on rencontre sous les débris des maisons
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relativement modernes ne sont que des restes
de maisons antérieures, qui
reposaient elles-mêmes sur
les restes de maisons plus
vieilles encore. Le peu de
profondeur des fondations
n'empêchait pas les maçons
de monter hardiment la bâtisse:
j'ai noté dans les
ruines de Memphis des pans
encore debout de 10 et 12 mètres
de haut. On ne prenait
alors d'autre précaution que
d'élargir la base des murs et de voûter les étages
(Fig.2). L'épaisseur ordinaire était de 0m,40 environ
pour une maison basse, mais pour une maison à plusieurs
étages, on allait jusqu'à 1 mètre ou 1m,25; des
poutres, couchées dans la maçonnerie d'espace en
espace, la liaient et la consolidaient. Souvent aussi on
bâtissait le rez-de-chaussée en
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moellons bien appareillés
et on reléguait la brique aux étages supérieurs.
Le calcaire de la montagne voisine est la seule pierre
dont on se soit servi régulièrement en pareil cas. Les fragments de grès, de granit ou d'albâtre qui y sont
mêlés, proviennent généralement d'un temple ruiné:
les Égyptiens d'alors n'avaient pas plus scrupule
que ceux d'aujourd'hui à dépecer leurs monuments
dès qu'on cessait de les surveiller. Les petites gens vivaient dans de
vraies huttes qui, pour être bâties en
briques, ne valaient guère mieux que
les cabanes des fellahs. A Karnak, dans
la ville pharaonique, à Kom-Ombo,
dans la ville romaine, à Médinét-Habou,
dans la ville copte, les maisons
de ce genre ont rarement plus de 4
ou 5 mètres de façade; elles se composent
d'un rez-de-chaussée que surmontent parfois
quelques chambres d'habitation.
Les gens aisés, marchands, employés
secondaires, chefs d'ateliers,
étaient logés plus au large.
Leurs maisons étaient souvent
séparées de la rue par une cour
étroite: un grand couloir s'ouvrait
au fond, le long duquel
les chambres étaient rangées (Fig.3). Plus souvent, la
cour était garnie de chambres sur trois côtés (Fig.4);
plus souvent encore la maison présentait sa façade à
la rue.
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C'était alors un haut mur peint ou blanchi à
la chaux, surmonté d'une corniche, et sans ouverture
que la porte, ou percé irrégulièrement de quelques
fenêtres (Fig.5). La porte était souvent de pierre,
même dans les maisons sans prétentions. Les jambages sont en saillie légère sur la paroi, et le linteau
est supporté d'une gorge peinte ou sculptée. L'entrée
franchie, on passait successivement dans deux petites
pièces sombres, dont la dernière
prend jour sur la
cour centrale (Fig.6). Le
rez-de-chaussée servait ordinairement
d'étable pour
les baudets ou pour les
bestiaux, de magasins pour
le blé et pour les provisions,
de cellier et de cuisine.
Partout où les étages
supérieurs subsistent encore,
ils reproduisent
presque sans modifications
la distribution du rez-de-chaussée. On y arrivait par
un escalier extérieur, étroit et
raide, coupé à des intervalles très
rapprochés par de petits paliers
carrés. Les pièces étaient oblongues et ne recevaient de lumière et d'air que par la porte:
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lorsqu'on
se décidait à percer des
fenêtres sur la rue, c'étaient des
soupiraux placés presque à la
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hauteur du plafond, sans régularité ni symétrie, garnis
d'une sorte de grille en bois à barreaux espacés, et
fermés par un volet plein. Les planchers étaient briquetés
ou dallés, plus souvent formés d'une couche de
terre battue. Les murs étaient blanchis à la chaux, quelquefois peints de couleurs vives. Le toit était plat et
fait probablement comme aujourd'hui de branches de
palmiers serrées l'une contre l'autre, et couvertes d'un
enduit de terre assez épais pour résister à la pluie.
Parfois il n'était surmonté que d'un ou deux de ces
ventilateurs en bois qu'on rencontre encore si fréquemment
en Égypte; d'ordinaire, on y élevait une ou
deux pièces isolées,
servant de buanderie
ou de dortoir pour les
esclaves ou les
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gardiens. La terrasse et
la cour jouaient un
grand rôle dans la vie
domestique des anciens
Égyptiens; les
femmes y préparaient
le pain (Fig.7), y cuisinaient,
y causaient
à l'air libre; la famille
entière y dormait l'été, protégée par des filets contre
les attaques des moustiques. Les hôtels des riches et des seigneurs couvraient une
surface considérable: ils étaient situés le plus souvent
au milieu d'un jardin ou d'une cour plantée, et présentaient
à la rue, ainsi que les maisons bourgeoises,
des murs nus, crénelés comme ceux d'une
forteresse (Fig.8). La vie domestique était cachée et
comme repliée sur elle-même: on sacrifiait le plaisir
de voir les passants à l'avantage de n'être pas
aperçu du dehors. La porte seule annonçait quelquefois l'importance de la famille qui se dissimulait
derrière l'enceinte. Elle était précédée d'un perron
de deux ou trois marches, ou d'un portique à colonnes (Fig.9) orné de
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statues (Fig.10), qui lui
donnaient l'aspect
monumental; parfois
c'était un pylône
analogue à
celui qui annonçait
l'entrée des temples.
L'intérieur
formait comme une
petite ville, divisée en quartiers par des murs irréguliers:
la maison d'habitation au fond, les greniers,
les étables, les communs, répartis aux différents endroits
de l'enclos, selon des règles qui nous échappent
encore. Les détails de l'agencement devaient
varier à l'infini; pour donner une idée de ce qu'était
l'hôtel d'un grand seigneur égyptien,
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moitié palais,
moitié villa, je ne puis mieux faire que de reproduire
deux des plans nombreux que nous ont conservés les
tombeaux de la XVIIIe dynastie.
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Le premier représente
une maison thébaine (Fig.11-12). Le clos est carré entouré d'un mur crénelé. La porte principale s'ouvre
sur une route bordée d'arbres, qui longe un canal ou
un bras du Nil.
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Le jardin est divisé en compartiments
symétriques par des murs bas en pierres sèches,
analogues à ceux qu'on voit encore dans les grands
jardins d'Akhmîm ou de Girgéh; au centre, une vaste
treille disposée disposée sur quatre rangs de colonnettes; à droite et à gauche, quatre pièces d'eau peuplées de canards et
d'oies, deux pépinières, deux kiosques à jour, et des
allées de sycomores, de dattiers et de palmiers-doums;
dans le fond, en face de la porte, une maison à deux
étages de petites dimensions, surmontée d'une corniche peinte. Le second plan est emprunté aux hypogées
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de
Tell-el-Amarna (Fig.13-14). Il nous montre une maison,
située an fond des jardins d'un grand seigneur, Aï,
gendre du pharaon Khouniaton et, plus tard, lui-même
roi d'Égypte. Un bassin oblong s'étend devant la
porte: il est bordé d'un quai en pente douce muni de
deux escaliers. Le corps de bâtiment est un rectangle
plus large sur la façade que sur les parois latérales.
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Une grande porte s'ouvre au milieu et donne accès
dans une cour plantée d'arbres et bordée de magasins
remplis de provisions: deux petites cours placées
symétriquement dans les angles les plus éloignés
servent de cage aux escaliers qui mènent sur la terrasse.
Ce premier
édifice sert
comme d'enveloppe
au logis du
maître. Les deux
façades sont ornées
d'un portique
de huit colonnes,
interrompu
au milieu
par la baie du
pylône. La porte
franchie, on débouchait
dans
une sorte de long
couloir central, coupé par deux murs percés de portes,
de manière à former trois cours d'enfilade. Celle du
centre était bordée de chambres; les deux autres communiquaient
à droite et à gauche avec deux cours plus
petites, d'où partaient les escaliers qui montent à la terrasse.
Ce bâtiment central était
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ce que les textes appellent
l'âkhonouti, la demeure intime du roi et des
grands seigneurs, où la famille et les amis les plus
proches avaient seuls le droit de pénétrer. Le nombre
des étages, la disposition de la façade différaient selon le
caprice du propriétaire. Le plus souvent la façade était
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unie; parfois elle était divisée en trois corps, et le corps
du milieu était en saillie. Les deux ailes sont alors
ornées d'un portique à chaque étage (Fig.15), ou surmontées
d'une galerie à jour (Fig.16); le pavillon central
a quelquefois l'aspect d'une tour qui domine le reste
de la construction (Fig.17). Les façades sont décorées
assez souvent de ces longues colonnettes en bois peint
qui ne portent rien et servent seulement à égayer l'aspect
un peu sévère de l'édifice. La distribution intérieure est
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peu connue; comme dans les maisons bourgeoises,
les chambres à coucher étaient probablement
petites et mal éclairées; mais, en revanche, les salles
de réception devaient avoir à peu près les dimensions
adoptées aujourd'hui encore en Égypte, dans les
maisons arabes. L'ornementation des parois ne comportait
pas des scènes ou des compositions analogues à celles qu'on rencontre dans
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les tombeaux. Les panneaux
étaient passés à la chaux ou revêtus d'une teinte uniforme et bordés d'une bande multicolore. Les plafonds étaient d'ordinaire laissés en blanc; parfois, cependant, ils
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de documents.
Les lampes en forme de maisons, qu'on trouve en si grand nombre au Fayoum, montrent qu'au temps des
Césars romains, on continuait à bâtir selon les mêmes
règles qui avaient eu cours sous les Thoutmos et les
Ramsès. Pour l'ancien empire, les renseignements sont peu
nombreux et peu clairs. Cependant, on rencontre souvent sur les stèles, dans les hypogées ou dans les cercueils,
des dessins qui nous montrent quel aspect avaient les
portes (Fig.21), et un sarcophage de la IVe dynastie,
celui de Khoutou-Poskhou, est taillé en forme de maison
(Fig.22).
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étaient décorés d'ornements géométriques dont les principaux motifs étaient répétés dans
les tombeaux et nous ont été conservés de la sorte, des méandres entremêlés de rosaces (Fig.18), des carrés
multicolores (Fig.19), des têtes de boeuf vues de face,
des enroulements, des vols d'oies (Fig.20).
Je n'ai parlé que du second empire thébain; c'est en effet
l'époque pour laquelle nous avons le plus
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- 2. Les forteresses
- 3. Les travaux d'utilité publique
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